24 octobre, Sesriem, les dunes de sable
A 7h nous sommes debout mais il pleut. Zut. Pour la matinée, nous avions prévu l'escalade d'une colline proche pour pouvoir admirer la plaine sous nos pieds. La douche nous ayant bien plu la veille, nous y retournons et, cette fois, douche chaude grâce au pommeau mais froide avec la pluie qui accompagne ! Un plaisir intense pendant plus de 20 minutes. Photos (pudiques of course).
Départ vers Solitaire à nouveau où nous faisons quelques achats puis nous poursuivons la route vers Sesriem. 100Km à peine. Mais le soleil a chassé les nuages. Il fait à nouveau très chaud... nous arrivons bien dans le désert ! Nous arriverons au camping avant midi, cela nous permettra de découvrir le jour même nos premières dunes géantes !
A l'accueil, le style est glacial, à l'opposé de la température extérieure... Oui le camp dépend directement d'un ministère local et la fonctionnaire n'est pas très sympa; nous avons même l'impression qu'on l'ennuie ! L'entrée du parc est très chère (330 $N !). Comme il y a une station service, nous faisons le plein, 95L pour 61 euros et demandons au garagiste d'ajuster la pression des pneus pour pouvoir rouler dans le sable mou à Sossusvlei ! La pression doit en effet être diminuée pour offrir une meilleure adhérence sur le sable. C'est là le secret pour pouvoir rouler dans les dunes sans s'ensabler.
Installation dans le camp et, sans tarder, départ vers la première dune, Elise dressée à quelques kilomètres seulement du camp. A mi-pente, le vent de tempête nous étouffe. A certains moments nous ne voyons plus rien, nos yeux ne peuvent rester ouverts car ils se remplissent de sable. Le risque est grand pour les appareils photos que nous protégeons tant bien que mal. Nous rebroussons chemin. En arrivant à la voiture, nous constatons que notre peau est devenue rouge, de la couleur du sable ! Et ce sable qui colle à la peau, nous en avons partout même dans les parties les mieux protégées de notre corps. Nos souliers sont rempli également de sable, les chaussettes pareil.
Retour au camp pour dîner (ou déjeuner si vous préférez). Soupe champignons au menu avec comme dessert un moment de repos bien nécessaire. Ragaillardis, nous partons à présent pour le bout de la vallée du Tsauchab, là où se dressent les dunes parmi les plus hautes du monde. La Tsauchab est une rivière qui ne coule que lorsqu'il pleut plus loin dans les montagnes du Naukluft; elle a creusé un immense entonnoir dans le désert et coulait jusqu'au milieu du XIXe siècle jusqu'à l'océan. Mais comme le débit est devenu trop faible aujourd'hui, la rivière finit par disparaître au pied des dunes, s'enfonçant dans le sol pour y créer une nappe phréatique.
Nous souhaitons assister au coucher de soleil sur les dunes près de Dead Vlei. Les portes du camp ferment à 20h pour nous et le soleil se couche à 19h, c'est juste ce qu'il faut pour être dans les temps.
La route est d'abord macadamisée sur environ 65km et se termine par un immense parking réservé aux deux roues qui ne peuvent aller plus loin et aux 4x4 dont les conducteurs ont peur de franchir les 5km de sable mou restant... Un service de navettes conduit alors les touristes vers les autres parking, face aux dunes. Évidemment que nous, les grands explorateurs, nous n'avons pas de crainte : Raymond a bien écouté les conseils du guide dans les dunes (voir journée du 22 octobre), il a fait des essais dans un lit tout sec d'une rivière (voir journée du 18), les pneus sont gonflés à bonne pression, nous sommes bien reposés ! Nous pouvons donc franchir ce bac à sable grandeur nature. 5Km de piste au revêtement mouvant, sans la moindre accroche par endroit. C'est beau l'optimisme...
Nous arrivons sans encombre, cela aurait été le comble de l'ironie, à ce fameux parking 2 roues... Passage en quatre roues motrices, Raymond accélère et roule librement dans ce sable qu'il redoutait. Tout se passe très bien, personne pour nous gêner. Par moment toutefois, la voiture ralentit et patine mais finalement passe. Sur 500m ce fut l'inquiétude. A présent le sol devient plus dur et nous gagnons le parking face à la Dead Vlei.
Le chemin pour Dead Vlei est indiqué, paraît-il... nous avons juste trouvé le premier panneau indiquant la direction de Dead Vlei. Puis pour le reste, c'est la débrouillardise qui règne. Comme nous sommes seuls, pas question de demander à quiconque le bon chemin. Il faudra donc partir à l'aventure. Vanessa part à gauche, Raymond à droite, objectif monter sur une dune pour voir de loin le Dead Vlei. Il s'agit d'une cuvette d'où l'eau s'est retirée il y a de très nombreuses années... 500 ans ! Depuis cette époque il n'y est plus jamais tombé une goutte de pluie ! Le sol est blanc de sel et les arbres qui y poussaient autrefois sont morts et, sans humidité, ils restent dressés comme fossilisés. Pour sûr dans quelques millions d'années, ils le seront devenus.
Là bas, à 1000m environ, enfin notre objectif est visible. Nous repérons la bonne direction et marchons rapidement vers l'endroit recherché. Il fait torride, la marche doit être soutenue car le soleil commence dangereusement à se rapprocher de l'horizon. Nous prenons des photos. Drôle de sentiments sur place : solitude, désolation malgré la beauté des couleurs, pas de bruit même pas de vent ! Puis, comme le chemin de retour est invisible, nous prenons ce qui nous semble être une ligne droite vers la voiture... Le soleil touche à présent les dunes, dans peu de temps il fera noir. Et nous ne voyons pas le parking et encore moins la voiture... Est-elle à droite ou à gauche ? Si nous nous trompons, il nous faudra marcher 1km au moins le long du parking ! D'instinct j'opte pour la gauche. Ce fut le bon choix ! Au sommet de la dernière petite dune, nous voyons enfin le gros 4x4 qui nous attend.
Retour dans le sable. Comme nous l'avons fait à l'aller, cela doit donc bien se passer au retour... Et comme déjà dit plus haut, c'est beau l'optimisme ! Mais à présent il fait noir, oh bien sûr pas encore la nuit absolue mais tout de même le sol et les traces dans le sable ne sont presque plus visibles. Il faut avancer mais par où ? Raymond roule du mieux qu'il peut. Un moment la voiture dérape et ce qui devait arriver arrive. Nous nous enlisons. Marche avant, marche arrière, plus nous essayons plus la voiture s'enfonce ! Pas d'hésitation. Raymond allume les 4 clignotants (on ne sait jamais, il y a encore une voiture qui est derrière nous et si elle arrive, elle pourra nous aider ou appeler les secours !), prend la pelle et dégage les pneus. Retour au volant... le véhicule refuse de sortir de l'ornière ! Aie, cela tourne mal et il nous faut arriver à la barrière avant 20h ! Il est 19h05... Nouvelle tentative de dégager les pneus. Vanessa part à la recherche de cailloux... ce qui dans le désert est évident à trouver !!! Elle trouvera tout de même 8 petites pierres (!) qui seront mises sous les roues avant. Différentiel bloqué, avance, recul, tout à coup Raymond sent que la voiture bouge, on sort du mauvais pétrin. Ouf ! Que d'émotions ! Mais nous en sommes sortis !
Il reste à présent à regagner la porte du parc. Mais sur la route macadamisée, il n'y a plus de risque à présent. Nous roulons juste un peu vite (vitesse maximum autorisée : 60km/h et nous sommes au double !). Vanessa demande de réduire la vitesse, ce que sagement Raymond fait. Les portes sont toujours ouvertes, le garde nous salue... nous pouvons à présent penser à souper (dîner si vous préférez) comme l'on dit en Belgique.