14 octobre, 7 heures de pistes (2e partie)

Nous quittons donc Opuwo et, après quelques 80km parcourus détendus, c'est une montée gigantesque devant nous. 500m d'une côte quasi toute droite. Le pourcentage moyen de cette magnifique rampe : 20% ! du costaud, du très costaud. Cette montée pour franchir le col est tellement raide qu'il s'agit là de la seule partie macadamisée de la piste. Montée en 1e ou 2e... et sur l'autre versant, c'est pareil. Malgré la 2e vitesse enclenchée, le moteur s'emballe tant la pente est forte, il faut freiner.
Et fortement ! Nous venions de franchir notre premier vrai col, le "Joubert Pass". Il ne sera pas le plus pentu, nous le découvrirons plus tard.

Quelques kilomètres plus loin alors que la piste était redevenue bonne, nous pensons nous être trompés de route. Il n'y a plus de voirie !  Il n'y a qu'un passage large de 5m environ et sur une longueur de 100m. Tout y a été emporté par un torrent (à présent à sec). La piste, entre deux rochers verticaux, forme à cet endroit un zigzag et la visibilité est limitée à quelques mètres devant le capot.  Il n'y a que d'énormes pierres, éboulis, avalanches, fatras, crevasses et fosses sur le chemin. Avec le 4x4 nous passons très lentement, choisissons prudemment notre chemin entre tous ces obstacles placés au petit bonheur la chance et sans encombre arrivons enfin de l'autre côté.  Mais nous ignorons comment une berline traditionnelle pourrait passer dans un tel fouillis de pierres et roches jonchant le sol ! Pourtant la piste est indiquée comme praticable par une deux roues motrices... A notre avis, à cet endroit, pas une ne passe. Raymond prend son pied !

De courtes lignes droites se succèdent alors en direction de Sesfontein, longeant des montagnes dressées de part et d'autre de la route.  Au seul carrefour à 100km à la ronde, les indications ne sont pas claires. Devons-nous prendre à droite ou à gauche ? Notre roadbook nous indique le chemin vers Ongongo mais sur la carte nous voyons Warmquelle... Nous en déduirons qu'il s'agit du même endroit mais avec deux noms différents et prenons la direction sud-est à gauche : "Quelques maisons forment un village" précise le roadbook "et, dans le tournant à gauche, vous verrez un panneau pas très visible (faire très attention) indiquant Ongongo. Suivez une piste de 6km devenant de plus en plus caillouteuse"... Malheureusement les panneaux directionnels sont tellement peu visibles qu'il nous a fallu demander à des enfants et à plusieurs reprises notre chemin... résultats, à chaque fois une dizaine de jeunes et même très jeunes qui nous demandent des friandises. Tout ce qu'il ne leur faut pas pour leurs dents inhabituées aux sucreries. Nous ne répondons évidemment pas à leur demande. Par contre nous achetons du bois pour le bbq du soir, une façon de les remercier de nous avoir montré le bon chemin.

Et de cailloux en effet, il y a... la piste se terminant dans le camp avec une descente ravinée, suivie d'un gué rempli d'une eau limpide. Le chef de camp nous propose de choisir notre emplacement. Nous lui demandons le meilleur, le numéro 2 répond-t-il sans hésiter. Et nous comprenons pourquoi ! Nous allons loger au bout du bout du monde, tous seuls, juste à côté d'une magnifique baignoire naturelle ! C'est Warmquelle... une source d'eau chaude qui se jette là. Ni une ni deux, nous mettons nos maillots et nous jettons dans cette eau bienfaisante et... accueillante. Un petit paradis sur terre même sans électricité (et peut-être même parce que pas d'électricité). Nous sommes au calme absolu. Ce moment de béatitude ne durera que peu de temps puisque deux autres couples viendront s'installer. Mais comme d'un emplacement à l'autre il y a de la distance, pas de problème, nous ne nous dérangerons pas mutuellement .

Le soir, Vanessa aide Raymond à réaliser des photos de nuit... L'endroit est merveilleux et la soirée se terminera par une nouvelle observation du ciel, toujours avec la voie lactée difficilement visible.


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